Cette vaste zone de delta coincée entre le Grand Rhône et le Petit Rhône s’étend sur plus de 150 000 hectares. Elle abrite une faune et une flore d’exception. A proximité des grands centre urbains , industriels et touristique du secteur, c’est une véritable réserve de biodiversité. Cette dernière est classé « Réserve de Biosphère » et dispose d’un « Parc National de Camargue ».

La Camargue fait corps avec le delta du Rhône. Elle est complètement dépourvue de relief et sa composition alluvionnaire provient des sédiments charriés successivement par le fleuve et qui se sont déposés à son embouchure. La mer Méditerranée avec ses vagues et courant très limité, a contribué à maintenir sur place cette énorme masse de sédiment. On a l’impression que la terre a gagnée sur la mer. Ce processus a duré plusieurs dizaines de millions d’année et se poursuit toujours actuellement mais de manière plus limitée car les berges du Rhône ont été largement aménagées depuis les années 1850 afin de limiter les caprices du fleuve lors des crues.

L’on distingue la Petite Camargue (à l’Ouest du Petit Rhône) de celle de la Grande Camargue (A l’Ouest du Rhône et à l’Est du Petit Rhône). Nous avons souhaité découvrir « à pied » une partie de ce joyau, de cet espace paralique entre la mer et la terre et pour cette première découverte, nous avons décidé de découvrir cette grande Camargue dont nous entendons bien souvent parler.

Après plusieurs recherches sur l’internet (les offices de tourisme sont fermés car la saison est achevée) nous identifions le circuits « Des Flamands roses et du sel » au départ de la commune de Salin-de-Giraud comme étant un excellent moyen de découvrir plusieurs facettes de ce milieu.

Une brochure nous indique les spécificités du parcours et les lieux à découvrir. J’avoue avoir insuffisamment préparé cette sortie et je ne disposais pas de la carte IGN du secteur, chose que je ne fais jamais et je dois reconnaitre que ne disposant que de ce seul document, j’aurai pu mieux appréhender les caractéristiques du parcours … mais j’y reviendrai un peu plus loin dans ce billet.

Nous nous retrouvons donc dans cette petite citée des Salins-de-Giraud, village voulu par le chimiste Ernest SOLVAY qui implanta localement une vaste usine d’exploitation du sel pour produire la soude nécessaire aux savonniers de Marseille. Dans une conception forte du paternalisme industriel propre à ce grand industriel Européen, il s’entoura d’un urbaniste et d’entreprises belges pour bâtir sur place une citée complète intégrant des maisons d’habitation pour les ouvriers, pour les cadres, mairie, cinéma, … c’est assez remarquable et d’une beauté architecturale qui mérite la visite et la flânerie mais revenons à notre parcours.

Nous quittons le village par la route départementale et longeons quelques rizières qui sont rasées en cette saison mais on aperçoit très nettement les petits canaux d’eau douce nécessaires à la croissance de la plante. La production du riz en Camargue représente tout de même 1/3 de la consommation nationale. Le champs sont bordés de large haies de phragmites ou cannes de Provence propice à la vie de nombreux animaux.

Un peu plus loin nous découvrons des larges pelouses ou nous retrouvons les fameux taureaux noirs Camarguais ainsi que les magnifiques chevaux blancs typiques que l’on retrouvent lors des manades qui font la joie des habitants du secteur.

Ces terres utilisées pour l’exploitation agricoles (plus au nord on trouve également des forêts et des vignes) ont fait l’objet d’intenses modifications à travers les temps. La disparition du sel qui était présent et l’avancée de la végétation a permis de modeler ce type de paysage dans une logique d’agriculture plus intensive. Nous découvrons plusieurs mas et bâtiments utilisés pour l’exploitation agricole.

Un peu plus loin, le paysage se transforme déjà et l’eau apparait d’une manière beaucoup plus visible. Nous découvrons un paysage de marais, d’étangs ou les roseaux s’épanouissent. L’eau ici est peu salée et de nombreux canaux permettent l’alimentation en « eau douce » de ces espaces. On y découvre des canards, des hérons, …

Nous continuons notre périple plus au sud, en direction de la mer que nous n’apercevons pas car le paysage est très plat. Au fur et à mesure de notre avancée, la végétation se transforme et le paysage également. Le degré de salinité augmente progressivement et nous découvrons les fameuses sansouires, de large steppes maculées de salicornes, une plante qui accepte très bien la présence de sel dans le sol. Nous avons bien conscience de notre chance de découvrir de tels lieux préservés par le Parc car ce type de paysage est en voie de raréfaction dans le pourtour méditerranéen et fait sur place, l’objet d’un périmètre de protection.

Nous poursuivons et découvrons un paysage constitué de lagune et peu profonde (de l’ordre d’1m maximum) fait d’une eau saumâtre. Dans ce milieu, le degré de salinité varie énormément au rythme de la météo et des courants. De l’eau de mer peut s’y déverser lors des tempêtes et de l’eau douce peu s’y retrouver de manière plus importante lors des crues du fleuve. Nous découvrons, de loin (malheureusement pour les photos) plusieurs colonies de Flamants Roses qui se nourrissent dans le secteur. Nous avons l’occasion de les observer à la jumelle pour votre plus grand plaisir.

Nous traversons la digue à la mer, véritable ouvrage de jonction entre la mer (juste à l’arrière du cordon dunaire et du littoral) que nous n’irons pas explorer cette fois ci et cet ensemble d’étangs remarquables. La digue à la mer fait actuellement l’objet d’opération de confortement par renforcement et mise en place de pieux en bois permettant de limiter les effets de la mer, des vagues et des courants. L’objectif ici est de pérenniser sa fonction protectrice.

Nous comprenons vite la richesse de ce milieu traversé et la fragilité importante de ces espaces. Tout ici est affaire de compromis subtiles dont tout semble reposer sur l’équilibre entre eau douce et eau salée qui conditionne le paysage et son évolution dans le temps. La main de l’homme dans ce processus doit arriver à concilier la préservation du milieu, l’activité économique (agriculture, exploitation du sel, …). Les aléas climatiques comme les tempêtes ou les crues ont un effet importants sur ces secteurs et peuvent très rapidement ce voir sur la végétation présente et considérablement modifier ce paysage unique. La connaissance sur place des impacts de ces différents facteurs nous semblent maitrisés par l’équipe du Parc ce qui est rassurant. J’avoue qu’interdire l’accès à ces larges pistes aux véhicules devrait faire l’objet d’une réglementation plus contraignantes dans une logique de préservation accentuée de ce milieu.

Je vous conseil particulièrement ce parcours si vous souhaitez avoir un excellent aperçu des différents milieux qui composent cette Camargue. Par contre, de manière critique voici ce que vous devez savoir et ce que je vous suggère pour en profiter pleinement.

Arrivée sur place, pas de balisage pour ce parcours qui a pourtant fait l’objet d’une brochure dédiée. La sortie du village se fait sur une route plutôt passante et sans aménagement pour la sécurité des randonneurs ni d’alternative crédible pour s’échapper de la route. Aucune information aux différents croisements et changement de direction et le schéma représenté dans la brochure ne donne aucune idée des distances à parcourir … il n’est même pas du tout à la bonne échelle sur plusieurs endroit du secteur … cette randonnée se termine donc à presque plus de 30 kms parcourus. Je vais donc me permettre de vous donner quelques conseils pour profiter pleinement de cette sortie : prévoyez de stationner votre véhicule aux ruines de Tourvielle et faite le parcours en A/R jusqu’à l’observatoire Flamant pour autant de découverte et de plaisir. N’oubliez pas de prévoir de l’eau en quantité !

2 réflexions sur “Découverte de la Camargue …

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